Ils m'ont prénommé Marius et je suis né dans une chips. Ma mère m'a éructé lors d'un repas, en mangeant des saucisses grasses et juteuses avec les doigts, accompagnées de chips. Elle m'a toujours reprochée de lui avoir gâché ce fameux repas : « Il a fallu que tu arrives à ce moment là, on peut même pas manger tranquille, c'est quand même terrible... » . C'est pour cela que je dis toujours que je suis né dans une chips. Ma mère ne m'a jamais vraiment aimée, ou plutôt je l'ai toujours plus ou moins gêné et dérangé, même le jour de ma naissance.

Ma mère se prénomme Berthe, elle parle fort, sans mauvais, une odeur de beurre rance, elle est grossière et vulgaire. Elle a les cheveux mi-long, grisonnant et gras en permanence, ces ongles ne sont jamais vraiment propres et elle porte les même jupe longue et sans forme à fleurs grossière que sa mère portait avant elle. Elle fait partie des gens qui parle fort dans les lieux publics, qui vous interpellent sans gêne parce que vous prenez trop de place dans un rayon : « Vous pouvez pas vous ranger, c'est quand même pas compliqué »

En bref elle ne m'a jamais vraiment aimé et moi non plus. Je suis son opposé au masculin, discret et un brin timide. Je suis un petit gabarit, un brin gringalet : « Regarde le celui-ci, c'est une vrai demi-portion, je me demande bien ce que l'on va en faire, on pourrait même pas le vendre au boucher ».

En revanche j'ai un très long nez, bossu en plus et un brin crochu, cela m'a valu des moqueries tout au long de ma vie, je me dit que c'est peut-être pour cela que je n'ai toujours pas passé la bague au doigt à une femme.

Tous les dimanches je me rends chez elle pour le fameux repas dominical, mon père est décédé il y a quelques années d'une crise cardiaque, son cœur était enrobé de gras de saucisse, c'est ce que dis ma mère quand elle parle de lui.

J'habite à trois pâtés de maison de chez elle, je m'y rend donc à pied, je pars toujours à la même heure, 11h45 pour arriver à midi sinon le repas commence mal.

Ce dimanche, comme d'habitude, je partis donc à 11h45 de chez moi, je m'étais fait beau, chemise blanche et pantalon beige à pince comme tous les dimanches, je mis 15 minutes à faire le trajet comme à l’accoutumé. En arrivant je sonna pour la prévenir et entra sans attendre une réponse, je me diriga vers la cuisine et là je découvris ma mère et ses 110kgs étendues sur le sol une saucisse de morteau coincée au travers de la gorge. Son visage etait boursouflé et ses yeux grands ouverts, elle avait déjà le teint blanc presque grisonnant. Sans pouvoir me contrôler, je commenca à rire aux éclats de plus en plus fort, putain me voilà enfin libéré de cette grosse Berthe !!!

@2018 par Rachel Concha. Les images ne sont pas libres de droits. All rights reserved.